Etude de cas : storytelling


Ancien cadre dans l'agroalimentaire, Marc se passionne pour l'upcycling de meubles de récupération. Il vient de fonder Ebène & Garance, son entreprise de décoration vintage.

Marc s'est doté d'un site de commerce en ligne, pour développer une clientèle, en dehors sa région. Il a élaboré un catalogue produits d'excellente qualité. Il présente de beaux visuels et chaque article est décrit de façon claire et détaillée. Il doit à présent rédiger sa page A propos

Notre entrepreneur connaît bien ses clients : ils aiment les objets originaux et durables. Ils recherchent des meubles et bibelots de qualité, joliment restaurés, à des prix accessibles. Ils sont sensibles à l'impact sociétal de leurs décisions d'achat. Adeptes d'une consommation raisonnée, ils s'intéressent à l'histoire des produits qu'ils achètent.

Marc sait que son secteur d'activité est extrêmement concurrentiel : les boutiques de meubles vintage pullulent en France. Aussi, fabriquer des meubles ravissants ne suffit pas. Alors comment marquer les esprits des visiteurs de son site ?

Les amateurs de meubles vintage sont bien souvent sensibles à l'authenticité, à la qualité et à l'histoire de l'objet. L'impulsion d'achat est certes déclenchée par un coup de coeur pour l'esthétique du produit, mais pas seulement. L'émotion joue un rôle essentiel dans la découverte de la marque. Parler, avec sincérité, à la sensibilité de ceux qui découvrent son univers et le cheminement qui a abouti à sa création.

Voici ma proposition à Ebène & Garance :


Ebène & Garance, notre histoire


Je n’arrive pas à croire le message qui s'affiche sur l’écran : quelqu’un veut acheter mes 3 meubles vintage et me demande s’ils sont toujours disponibles. Mon interlocuteur les veut pour décorer son salon.

Mes reliques de ressourcerie, ramenées à la maison il y a deux mois. La table en marbre ancien ; le buffet au pied cassé, que ma fille trouve tellement ringard ; le vieux fauteuil en bois sculpté ; des vieilleries dont on s’est débarrassé et que j’ai voulu réparer, embellir et réhabiliter.

Parce que j’adore travailler de mes mains. Parce que je vois toujours la beauté et l’utilité des choses devenues invisibles pour les autres. Parce que j’ai du temps à tuer. Parce qu'après 10 mois de recherche acharnée, je ne retrouve toujours pas d'emploi.

Devenir inutile est une grande souffrance mais le travail manuel me sert d'antidouleur. Ma passion est un analgésique puissant, qui égaye mes journées. J’ai du temps pour entretenir la maison, fabriquer des objets et réparer des choses.

Pour son anniversaire, Elsa, ma femme, rêve d’une jolie vitrine ancienne où ranger ses bibelots. J’ai peu d’argent mais beaucoup d’idées. Je pars chez Emmaüs débusquer la pièce de ses rêves. Celle que je trouve ne paye pas de mine. Mais je sais déjà ce qu'elle va devenir, avec du travail et de l'imagination.

Je me fais la réflexion que je vais donner à ce vieux meuble de bois la deuxième chance que l’on me refuse. Je vais transformer ce machin défraîchi en ce qu’il est réellement : une vitrine magnifique. 

Pendant 2 jours, je ponce, je rabote, je perce, je visse, je peins. Un bleu gris, d’une élégance folle. J’ajoute des poignées de porcelaine que j’avais trouvé dans une brocante, il y a longtemps. Je conserve une foule de petits trésors comme ça, dans mes tiroirs.

Elsa découvre son cadeau. Elle le contemple en silence, de longues minutes, puis déclare : « Marc, tu as du talent. Si tu ne trouves pas de boulot, travaille avec tes mains. Vas-y, fonce. ».

Je ne crois pas une seconde que mes oeuvres trouveront des amateurs. Néanmoins, je me mets au travail. Je rénove et j’enjolive à tour de bras. Je montre mes réalisations à nos proches. Notre voisine m’achète une chaise pour faire un cadeau. Puis des copains m’achètent une table, une petite commode et puis….

Elsa prend trois meubles restaurés en photo et dépose une annonce sur un site de brocante. « A quel prix veux-tu les vendre ? » me demande-t-elle. Pour plaisanter, je la prie de les vendre le plus cher possible : j'aime tellement ces trois créations que j'ai envie de les garder.

Nous oublions cette annonce. 7 semaines plus tard, je reçois un mail que je prends d’abord pour un spam. Avant de m’apercevoir, avec stupeur, qu’il s’agit d’une offre d’achat ferme.

L’acheteur est pressé car il emménage bientôt. J'emmitoufle fébrilement chaque article dans des mètres de papier-bulle. Je prie en silence pour que la livraison se passe bien. Pour qu'une fois déballés, les meubles plaisent autant que sur les photos. Pour que tout le monde soit content. Pour que personne ne soit déçu. 

Mon client m’envoie un mail de remerciement à réception des meubles et me rappelle pour me dire qu’il est ravi. Impossible qu’il le soit plus que moi.Je réalise alors qu’aucun des succès professionnels que j’ai connu dans la vie ne m’a rendu aussi heureux. Mes vieux meubles revenus à la vie, me redonnent vie à moi aussi.

Quelqu’un a dit qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi. Je n’en suis pas certain, si j'en juge par ma propre expérience. Mais je viens d’apprendre que la passion peut nourrir une âme et rendre libre.

Je me suis lancé. Il y a des moments fastes et d’autres, moins brillants. Mais j’ai créé mon métier de toutes pièces et il me porte, chaque jour. J’ai ouvert mon atelier à des passionnés de déco vintage. Souvent des personnes en reconversion professionnelle, qui pensent que la beauté donne un sens à leur vie.

Tous ensemble, nous sommes Ebène & Garance, boutique de meubles anciens « upcyclés », à prix doux. Nous proposons des pièces uniques, en matériaux de qualité. Elles durent des années. Et peuvent être repeintes ou customisées sur demande, dans toutes les couleurs que vous désirez.


Soyez les bienvenus chez nous !